Derrière la propagande la plus éhontée, cet article de blog du Times of Israel souligne une vérité indéniable, passée sous silence par nos médias, qui restent largement empêtrés dans leur complicité de génocide à Gaza : malgré l’immensité des sacrifices, l’accord de cessez-le-feu constitue une victoire éclatante pour la Palestine, qui a tenu le cap envers et contre tous, aidée d’une poignée de Justes (l’Axe de la Résistance en premier lieu) et des peuples libres du monde.
Pour la première fois, Israël vient de perdre une guerre.
David K. Rees*, Times of Israel Blogs, 15 janvier 2025
Traduction et notes entre crochets Alain Marshal
Depuis 16 ans, Israël a été contraint d’enchaîner les guerres pour sa défense [premier mensonge éhonté, Israël ayant déclenché quasiment toutes les guerres de son histoire et ayant toujours préféré l’expansion à la paix]. Il a gagné les guerres de 1948, 1967 et 1973, et fait un match nul face au Hezbollah en 2006. La donne a changé : l’accord de paix qu’il vient de conclure avec le Hamas marque clairement une victoire du Hamas et une défaite israélienne. Les habitants de Gaza ont raison d’être en liesse.
Voilà ce que le Hamas a gagnée dans cette guerre
- Il a retourné l’opinion mondiale contre Israël [c’est plutôt Israël qui s’est aliéné le monde en révélant toute l’étendue de son visage génocidaire].
- Il a obtenu la libération de centaines [et même de milliers] de prisonniers palestiniens, dont plusieurs condamnés à perpétuité [la première phase d’échange ne concerne que les FEMMES et les ENFANTS palestiniens pris en otage arbitrairement souvent durant des années, dans l’indifférence générale].
- Si des dirigeants ont été tués, ils seront remplacés ;
- Bien que nombre de ses combattants aient été tués, selon les rapports de presse, le Hamas a reconstruit son aile combattante, qui compte désormais 12 000 soldats à Gaza.
- Le Hamas a démontré qu’Israël cède beaucoup pour peu en retour.
- Le Hamas peut affirmer avec fierté que le massacre du 7 octobre 2023 [à ce sujet, lire cet article traduit de Haaretz : La vérité sur le 7 octobre : Tsahal a déclenché la directive Hannibal] a donné des résultats formidables. En fait, Israël est plus faible aujourd’hui qu’il ne l’était le 6 octobre 2023.
- La prise d’otages s’est avérée très rentable [c’est bel et bien Israël qui, depuis des décennies, a initié cette pratique, la « détention administrative » de milliers de Palestiniens, sans aucun chef d’accusation et indéfiniment renouvelable, étant la définition même de la prise d’otages].
- Alors qu’une grande partie de Gaza a été détruite, le monde s’apprête à débloquer des sommes colossales pour la reconstruire. On peut s’attendre à ce qu’une part importante de ces sommes aboutisse indirectement dans les coffres du Hamas [propagande maintes fois démentie par les organismes internationaux qui gèrent l’aide humanitaire].
- Le Hamas conserve le contrôle de Gaza, et l’UNRWA reste inchangé.
- La guerre a fracturé les relations entre Israël et les États-Unis.
- Dans un premier temps, le Hamas ne devra libérer que trois otages. Il devra ensuite en libérer quatre autres. Au cours de la première phase de l’accord, seuls 33 otages au total seront libérés. Par la suite, Israël pourra échanger d’autres prisonniers palestiniens détenus par le Hamas contre d’autres otages. Ainsi, à la fin de la première phase de l’accord, le Hamas pourra continuer à détenir environ 30 otages, dont certains sont peut-être déjà morts. [toujours cette dichotomie abjecte entre les « otages » israéliens, même soldats, et les « prisonniers » palestiniens, même les milliers de femmes et d’enfants détenus arbitrairement]
- Israël n’a pas atteint les objectifs qu’il s’était fixés au début de la guerre, à savoir l’élimination totale du Hamas à Gaza.
- Commettre des crimes de guerre paie, y compris non seulement les crimes de guerre que le Hamas a commis lors du massacre du 7 octobre, mais aussi en tirant des milliers de missiles sur Israël, chacun d’entre eux étant un crime de guerre [cet argumentaire de la part de l’entité génocidaire occupante, formulé contre un peuple occupé qui a lui seul le droit de se défendre d’après les normes internationales, est le comble de l’ignominie].
- Le coût de cette guerre pour Israël est énorme. Non seulement le Hamas a pu tuer plus de 400 soldats israéliens à Gaza depuis le massacre du 7 octobre, mais la dette nationale d’Israël a considérablement augmenté et son économie a également souffert. On estime que l’activité économique d’Israël a été réduite de plus de 20 % par la guerre.
- Si Israël bénéficiera d’un certain répit de la part des forces du Hamas à Gaza, il doit encore faire face aux autres éléments de l’Axe de résistance iranien, notamment les Houthis et le Hamas en Cisjordanie, ainsi qu’à l’Iran lui-même.
- Israël commence à retirer ses troupes, marquant une suspension des massacres pour le moment.
Voici ce qu’Israël a obtenu et qu’il n’avait PAS le 6 octobre 2023 :
- Presque rien
L’accord comporte trois phases. Apparemment, les termes de la première phase ont été acceptés. Les phases deux et trois nécessitent des négociations supplémentaires. Le Hamas pourrait refuser de négocier des conditions raisonnables au cours de ces phases, en s’assurant qu’il ne donne rien de plus à Israël. Tous les otages n’auront pas été libérés. Le Hamas pourra toujours reconstruire son système de tunnels, dont il reste environ 40 %.
Ce n’est pas la première fois que le Hamas et Israël se font la guerre et qu’un accord est conclu. À chaque fois, le Hamas n’a pas tenu parole et a déclenché une nouvelle guerre. C’est ce qui s’est passé tout récemment en 2021. Depuis, il a permis au Qatar de lui apporter des millions de dollars d’aide en échange de la paix. En fait, au cours des deux années suivantes, le Hamas a construit son système complexe de tunnels et des milliers de missiles tout en préparant le massacre du 7 octobre. Il n’y a aucune raison de croire que le Hamas ne manquera pas à sa parole et n’attaquera pas à nouveau Israël depuis Gaza [encore une fois, l’impudence est sans limites : Israël est le champion intergalactique des violations du droit international et de ses propres engagements, comme on le voit avec les centaines de violations israéliennes unilatérales au Liban depuis l’accord de cessez-le-feu, dont le crime de guerre quotidien de destruction des habitations civiles du sud-Liban, pudiquement tu par nos élites et médias].
Il y a une ironie dans tout cela. Netanyahou a vendu son âme aux partis politiques racistes, ultra-religieux et d’extrême-droite dirigés par Smotrich et Ben Gvir afin de mettre en place une coalition qui lui permettrait de redevenir Premier ministre d’Israël. Pour ce faire, il a confié à Smotrich et à Ben Gvir d’importants ministères et un grand contrôle sur la Cisjordanie, tout en conservant le ministère des affaires étrangères et le ministère de la défense pour le Likoud. Il a agi de la sorte en pensant qu’il était essentiel qu’il soit le Premier ministre lors d’une éventuelle guerre, qui devait survenir au cours de son mandat. Malheureusement, au lieu de laisser en héritage l’homme qui a su défendre Israël, il restera comme le premier Premier ministre d’Israël à avoir perdu une guerre [Netanyahou est lui-même un suprémaciste d’extrême droite].
* D’après ses propres mots, l’auteur de cet article a été avocat aux États-Unis pendant plus de 30 ans avant d’émigrer en Israël. Fils d’une réfugiée juive allemande ayant fui le nazisme, il affirme avoir ressenti un fort sentiment d’appartenance lors de sa visite en Israël, ce qui l’a conduit à s’y installer. Aujourd’hui retraité, il s’affirme toujours militant.
***
Si ce n’est déjà fait, je vous invite à signer et à faire largement circuler cette pétition sur change.org, qui appelle à ma réintégration à la CGT, d’où j’ai été exclu le 12 avril 2024 pour avoir initié une pétition dénonçant les positions ambigües de la Confédération suite au 7 octobre et demandant un soutien authentique à la cause palestinienne (que vous pouvez également lire et signer ici). L’UNSEN (Union Nationale des Syndicats de l’Education Nationale de la CGT) a confirmé mon exclusion après une audience d’appel tenue le 21 juin (lire Quand la CGT Educ’action banalise les idées d’extrême droite). Un pourvoi auprès de la Confédération est en cours. La totalité des pièces du dossier, tant les miennes que celles de la partie adverse, est accessible sur ce lien.
En particulier, voici le message, adressé sur le groupe Whatsapp des membres de la CGT Educ’action du Puy-de-Dôme le 4 novembre 2023, qui a déclenché le processus d’éviction (lire la totalité de l’échange en question sur ce lien) :
« Je viens de lire le dossier Gaza de la revue nationale de la CGT, et je suis vraiment consterné.
L’histoire se souviendra de tous ces ‘amis’ de la Palestine qui rivalisent de zèle pour répandre la propagande de l’armée israélienne sur les massacres du Hamas qui ont tué des centaines de femmes et d’enfants, alors même que les données disponibles le réfutent, et lui servent de couverture dans son génocide bien réel, tout en répandant insidieusement le cliché raciste selon lequel les Palestiniens, comme tous les Arabes, sont juste des assassins et des violeurs. Après les couveuses du Koweït, les armes de destruction massive de Saddam et le viagra de Kaddhafi, il y en a encore pour tomber massivement dans le panneau.
Le 7 octobre n’était pas un massacre mais une opération militaire qui a anéanti l’équivalent d’un bataillon de la Brigade de Gaza voire davantage, comme le montrent les seuls chiffres existants publiés à ce jour (par le journal israélien Haaretz), qui indiquent bien qu’au moins la moitié des tués Israéliens étaient des soldats (dont de nombreuses femmes, qui servent obligatoirement dans l’armée, et moins de 20 enfants).
De courageux Israéliens dénoncent les mensonges de l’armée israélienne qui font un amalgame délibéré entre militaires, colons/miliciens surarmés et civils, et accusent Tsahal d’avoir délibérément sacrifié ses civils en masse plutôt que de les laisser tomber vivants entre les mains du Hamas (doctrine Hannibal, officielle et bien connue). En voici un exemple parmi tant d’autres.
Je compte écrire un courrier à la CGT nationale pour dénoncer leur position honteuse. »
En lisant tous les passages surlignés en vert de la retranscription d’une réunion de Bureau du 10 novembre, où on a essayé de me forcer à démissionner à 9 contre 1, on se rend compte du caractère central de mes positions sur la Palestine dans cette volonté d’exclusion. Pour rappel, Sophie BINET elle-même avait colporté l’accusation de « crimes sexuels » du Hamas, largement réfutée, notamment par cet article de Norman Finkelstein.
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