Pourquoi 150 écolières iraniennes tuées par Israël ne font pas les titres de l’actualité

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Le rituel suivi par nos édiles est immuable : 1/ se féliciter de la « mort » (ne surtout pas dire « assassinat ») de Khamenei ; 2/ après avoir ainsi apporté une justification à la guerre d’agression américano-israélienne, crime suprême selon le tribunal de Nuremberg, et validé les éléments de langage grotesques et abjects des criminels contre l’humanité que sont Trump et Netanyahou sur la prétendue « dictature des mollahs », proclamer la main sur le cœur qu’on ne cautionne pas la guerre et dissocier artificiellement les autres victimes de ces frappes criminelles, affirmant qu’on est solidaire du peuple iranien (surtout, ne faire aucune référence au fait que ce même peuple est sorti dans la rue par millions pour soutenir son « régime » en janvier, et qu’il a fait de même aujourd’hui, malgré les bombes : ce ne sont pas les aspirations réelles des Iraniennes qui comptent, mais celles que « l’Occident civilisé » souhaite pour elles, et qui veulent le façonner à son image, mentalité coloniale oblige). 

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Il est absolument écœurant de voir que plus de deux ans de génocide à Gaza n’ont rien changé à l’ignorance crasse, imprégnée de racisme et d’islamophobie de nos prétendues élites, dont on a vu la réaction lorsqu’il s’est agi de 40 bébés israéliens « décapités » dans la seule imagination putride des propagandistes. Jusqu’à la gauche LFI se gargarise de ce crime de guerre qu’est l’assassinat d’un dirigeant étranger, qualifié servilement par Mélenchon de « bourreau de son peuple », alors que nous parlons d’une violation inouïe de toutes les normes légales et morales. Quant à Mediapart, non moins atlantiste et sioniste, qui félicitait Israël pour le « coup de génie » de l’attentat terroriste de masse aux bipeurs, il transforme aujourd’hui explicitement la victime en coupable, osant affirmer que l’Iran l’a bien cherché parce qu’il n’a pas voulu capituler sur ses capacités de défense (le nucléaire n’étant qu’un grossier prétexte) et a refusé de se laisser dépecer (voir l’article surréaliste Plutôt que de capituler sur ses fondements, le régime iranien préfère subir la guerre, taillé en pièces par les commentaires des abonnés Mediapart, qui sont de plus en plus nombreux à tourner le dos à cette immonde ligne atlantiste).

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Si nos pontes se souciaient du droit international, du droit des peuples et de la paix et de la sécurité mondiales, l’assassinat de Khamenei (qui, aux yeux de dizaines de millions de chiites à travers le monde, est au moins l’équivalent du pape pour les catholiques) serait condamné unanimement avec effroi et indignation, tant pour lui-même que pour les conséquences cataclysmiques qu’il peut entrainer, d’une crise économique globale à une troisième guerre mondiale. Si les « animaux humains » (qu’ils soient Palestiniens ou Iraniens) avaient autant de dignité que les vies occidentales et israéliennes aux yeux de nos prétendus « féministes », les fillettes iraniennes délibérément ciblées par l’occupant israélien, champion intergalactique de l’assassinat d’enfants et de la destruction d’écoles et d’hôpitaux, qui rêve de transformer tout le Moyen-Orient en Gaza et veut s’assurer que Trump le suivra jusqu’au bout dans l’opération « Fureur d’Epstein », c’est le genre d’articles que nous traduisons ci-dessous qui ferait la Une de tous les médias.

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Heureusement, des voix parfaitement saines se font encore entendre, comme celle de Francesca Albanese qui, au sujet des frappes israéliennes contre le siège du Croissant rouge iranien à Téhéran, dénonce : « Nous vous avions prévenus : la destruction massive de Gaza n’était pas une exception, c’était un plan visant à écraser quiconque s’oppose à l’impérialisme ploutocratique incarné par les États-Unis/Israël et leurs alliés internationaux. Agissez maintenant : défendez le droit international contre l’anarchie, avant que la rupture ne devienne irréversible. »

Voir également : Le CCIE dénonce des actes islamophobes à la CGT Educ’action 63 (InstagramFacebook)

« Des fillettes innocentes qui ne connaissaient rien à la politique ni aux guerres »

Une scène de dévastation à Minab, en Iran, où des parents attendaient de connaître le sort de leurs jeunes filles après le bombardement d’une école primaire pour filles qui a fait près de 150 morts.

Par Mahmoud Aslan

Drop Site News, 28 février 2026

Traduction Alain Marshal

Image d’une école primaire pour filles touchée par une frappe aérienne samedi à Minab, en Iran, publiée sur X par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

MINAB et TÉHÉRAN, IRAN — Samedi matin, Mohammed Shariatmadar se tenait devant les décombres de l’école primaire pour filles Shajareh Tayyiba à Minab, dans le sud de l’Iran, incapable d’assimiler ce qu’il voyait. Sa fille de six ans, Sara, élève de CE1, figurait parmi les dizaines de filles tuées lorsque l’école a été bombardée dans les premières heures de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Dans l’immédiat après-coup de la frappe, il est resté debout à l’ombre d’un mur fissuré, fixant le sol et ignorant l’agitation autour de lui. Il ne s’est pas approché du bâtiment, qui avait été bouclé, mais il ne s’en est pas éloigné non plus. Ses mains se nouaient, puis se séparaient, puis se nouaient de nouveau, dans un mouvement répétitif. Chaque fois qu’un ambulancier sortait ou qu’une ambulance se déplaçait, il levait brusquement la tête, avant de recommencer à fixer le sol. Il n’a posé de question directe à personne. Il attendait seulement que le nom de sa fille soit prononcé.

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Lorsque les familles ont finalement été dirigées vers un point de rassemblement pour recevoir les corps de leurs enfants, il s’est lentement avancé. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait besoin d’aide, il a secoué la tête en silence et a attendu que le corps de sa fille soit apporté.

« Je ne comprends pas comment un lieu où des enfants innocents apprennent peut être bombardé de cette façon », a déclaré Shariatmadar à Drop Site. « Nous parlons de petits enfants qui ne connaissaient rien à la politique ni aux guerres. Et pourtant, ce sont eux qui paient le prix le plus élevé. »

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Environ 170 écolières se trouvaient dans le bâtiment pour suivre les cours du matin lorsque le missile a frappé. Au moins 108 personnes ont été tuées, selon le parquet de Minab, dont une majorité d’écolières âgées de sept à douze ans.

Il n’était pas établi s’il s’agissait d’une frappe américaine ou israélienne. Samedi, le porte-parole du CENTCOM a indiqué qu’ils « examinaient » les informations.

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« J’ai le cœur brisé », a déclaré Shariatmadar. « Pour Sara et pour tous les enfants que nous avons perdus aujourd’hui. Je veux que le monde sache que les enfants sont les véritables victimes. Chaque jour qui passe sans solution accroît la douleur et la souffrance des familles et des enfants. »

Minab est située loin de Téhéran, dans la province d’Hormozgan, qui borde le détroit d’Ormuz, l’une des voies navigables les plus stratégiquement sensibles au monde.

Un habitant de Minab a déclaré que des explosions avaient secoué la ville samedi matin, plongeant immédiatement les habitants dans la panique. Puis des informations ont commencé à circuler selon lesquelles l’école avait été touchée.

« Tout le monde s’est précipité vers l’école dès qu’ils ont entendu les explosions », a déclaré le résident. « Le chaos s’est complètement installé. Les forces de l’ordre tentaient de maintenir un périmètre de sécurité, craignant que la zone ne soit à nouveau prise pour cible. »

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Le bâtiment scolaire a été réduit à un immense tas de décombres et des dizaines d’écolières ont été piégées sous le béton. Des habitants ont commencé à tenter frénétiquement de les dégager à mains nues. Les familles erraient, sous le choc, à la recherche de leurs enfants parmi les ruines. « Le nombre de morts a atteint environ la moitié des élèves de l’école », a indiqué le résident.

Fatima al-Zahra Mohammad Ali, élève de neuf ans, figurait parmi les victimes. « Lorsque nous sommes arrivés à l’école, c’était le chaos », a déclaré sa mère, Amina Ansari, à Drop Site. Le père de la fillette, Mohammad Ali, qui a perdu sa jambe droite pendant la guerre Iran-Irak, n’a pas souhaité s’exprimer.

« L’école elle-même ne savait pas comment gérer la situation », a déclaré Mme Ansari. « Il n’y avait aucune information fiable sur ce qui se passait. Chaque fois que nous posions la question, on nous répondait : “Soyez patients jusqu’à ce que nous ayons sorti les filles des décombres.” » La famille n’a appris la mort de Fatima que vers 16 heures, lorsque son corps a été retrouvé.

Dans une déclaration, le président Masoud Pezeshkian a condamné « l’attaque brutale des agresseurs américains et sionistes », la qualifiant d’« acte barbare [qui] constitue une nouvelle page noire dans le registre des innombrables crimes commis par les envahisseurs de cette terre ».

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Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a publié une image de l’école détruite sur les réseaux sociaux. « Elle a été bombardée en plein jour, alors qu’elle était remplie de jeunes élèves », a écrit M. Araghchi. « Des dizaines d’enfants innocents ont été assassinés sur ce seul site. Ces crimes contre le peuple iranien ne resteront pas sans réponse. »

« Nous ne comprenons pas les raisons de l’attaque américaine contre l’Iran », a-t-il poursuivi dans un message ultérieur. « Peut-être que l’administration américaine s’est laissée entraîner dans cette affaire. Voici ce que je sais : l’Iran punira ceux qui tuent nos enfants. »

Seyyed Ibrahim Mirkhayali, employé municipal à Bandar Abbas, se trouvait également à la porte de l’école. Sa fille de neuf ans, Zeinab, élève de quatrième année, a été tuée dans le bombardement.

« J’étais au travail lorsque ma femme m’a appelé pour me dire que l’école primaire pour filles de Minab avait été bombardée. Au début, je n’arrivais pas à comprendre ce que j’entendais. Puis je suis parti immédiatement et j’ai conduit jusqu’à l’école », a déclaré Mirkhayali à Drop Site. À son arrivée, il a trouvé une grande foule de parents rassemblés devant l’école. Certains pleuraient. D’autres restaient debout dans un silence pesant.

« L’atmosphère était terrifiante et catastrophique. Les parents étaient plongés dans un silence de mort, remplis de peur et d’angoisse pour leurs filles. Nous ne savions pas qui avait pu sortir et qui était encore sous les décombres », a-t-il ajouté.

Il a précisé que les informations filtraient progressivement de l’intérieur de l’école, au fur et à mesure que les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivaient. Chaque nom annoncé changeait le destin d’une famille entière.

« Combien de temps allons-nous vivre ainsi ? Pourquoi les États-Unis ne parviennent-ils pas à trouver un accord avec l’Iran pour mettre fin à cette guerre ? Ce qui s’est passé est un crime », a-t-il déclaré. « Depuis la dernière guerre, nous ne menons plus une vie stable dans notre pays à cause des États-Unis et d’Israël. »

La famille a attendu tout l’après-midi. Vers le coucher du soleil, elle a été informée que Zeinab figurait parmi les victimes. « Nous sommes restés jusqu’à ce que son corps soit sorti des décombres », a-t-il raconté. Son corps était en grande partie intact. « Mais sa tête avait été écrasée par des pierres tombées du bâtiment. C’est ce qui l’a tuée. »

Une ambulance a transporté le corps à l’hôpital. La famille a entamé les démarches légales pour obtenir un permis d’inhumation. « Nous attendons les autorisations. L’enterrement est prévu pour demain », a-t-il précisé.

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Mirkhayali a raconté que Zeinab avait mémorisé le Coran et se préparait à participer à un concours de récitation à Téhéran dans deux mois. « J’avais un grand rêve pour ma fille. Elle était travailleuse et exceptionnelle, et elle avait mémorisé le livre de Dieu. Sa participation au concours était une source de fierté pour nous tous. Mon rêve est mort avec elle. »

Samedi soir, les médias d’État iraniens, citant le Croissant-Rouge, ont indiqué qu’au moins 201 personnes avaient été tuées à travers le pays et plus de 700 blessées.

Des Iraniens se sont rassemblés sur la place Palestine, brandissant des drapeaux iraniens et scandant des slogans anti-américains et anti-israéliens pour protester contre les attaques des États-Unis et d’Israël à Téhéran, la capitale de l’Iran, le 28 février 2026. Photo de Fatemeh Bahrami/Anadolu via Getty Images.

La scène à Téhéran

Plusieurs heures après que le président Donald Trump a annoncé le déclenchement de la guerre dans une déclaration enregistrée, le Conseil national de sécurité iranien a publié un communiqué assurant aux habitants de Téhéran que l’approvisionnement alimentaire était stable, tout en conseillant à ceux qui souhaitaient quitter la capitale de le faire, en les exhortant à éviter les embouteillages. Selon ce communiqué, le conseil voulait ainsi éviter une répétition de l’exode massif qui s’était produit lors de l’attaque américaine et israélienne contre l’Iran en juin, lorsque des centaines de milliers de personnes avaient fui la capitale vers la Turquie et d’autres villes iraniennes, notamment Gilan, Qom et Ispahan, et que les frappes israéliennes sur ces convois avaient fait des dizaines de morts.

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Au moment où le communiqué a été publié, l’exode avait déjà commencé. Les routes principales et les autoroutes de Téhéran étaient encombrées de voitures. Les familles chargeaient leurs bagages sur le toit ou les empilaient entre les sièges. Les klaxons retentissaient sans interruption. Les passagers criaient dans leurs téléphones pour joindre leurs proches. Les enfants pleuraient. Les femmes sanglotaient ouvertement. Les stations-service étaient plongées dans le chaos, avec des files de voitures sans fin et un carburant qui s’épuisait en quelques minutes à certains endroits. Les magasins et petits marchés voisins ont été vidés de leurs provisions de nourriture, d’eau et de médicaments, les habitants achetant tout ce qu’ils pouvaient transporter, craignant des ruptures d’approvisionnement ou de nouvelles frappes dans les heures à venir.

Les étudiants universitaires venus de l’extérieur de Téhéran, ou originaires d’autres provinces mais étudiant dans la capitale, se sont joints à la fuite. Certains ont couru pour attraper des bus. D’autres ont pris leur voiture, jetant ordinateurs portables et cahiers dans des sacs avec tout ce qu’ils pouvaient emporter comme effets personnels.

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Tout le monde n’a pas fui. Sur la place Palestine, l’un des espaces publics les plus politiquement chargés de Téhéran, des centaines d’Iraniens se sont rassemblés pour protester contre les frappes. Ils ont brandi des drapeaux iraniens et des portraits du guide suprême Khamenei et de l’ancien commandant Qassem Soleimani. Ils ont brûlé des photos de Donald Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.


Pour me soutenir dans mon travail et mon combat contres les discriminations à la CGT, vous pouvez signer cette pétition qui dénonce la répression des voix pro-palestiniennes, le racisme et l’islamophobie et approche des 20 000 signatures. Vous pouvez aussi faire un don et vous abonner à mon blog par e-mail afin de recevoir automatiquement mes nouvelles publications. Suivez-moi également sur Twitter et Bluesky.

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2 réponses à « Pourquoi 150 écolières iraniennes tuées par Israël ne font pas les titres de l’actualité »

  1. Avatar de Djennet Morsi
    Djennet Morsi

    Parce que ce sont des assassins, des barbares. Que ceux (les occidentaux) qui croient que ces assassinats, crimes, exactions sont circonscrits au Moyen-Orient se trompent. Qu’ils seront les prochains sur la liste. Voilà : cynisme écoeurant et cécité abjecte. Voilà où nous en sommes Cher Monsieur. Je suis dégoûtée, dévastée.  Bien à vous. 

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    1. Avatar de Alain Marshal

      Exactement ! Trump a déjà imposé des droits de douane à ses larbins européens, il menace de s’emparer du Groenland… Ce n’est que le début ! Et les roquets continuent à japper docilement et à faire les 444 volontés de leur maître ! Le retour de bâton sera terrible : nous avons tous vu l’impact de la guerre en Ukraine sur notre porte-monnaie, la crise économique qui arrive peut être bien pire.

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