Norman Finkelstein : ‘Israël est devenu une nation de tueurs d’enfants’

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Piers Morgan Uncensored, le 26 octobre 2026.

Débat entre Norman Finkelstein, Jonathan Conricus, Omar Baddar et Peter Beinart, précédé par une interview de Jonathan Freedland, et bouclée par une interview de Husam Zomlot.

Source : YouTube

Traduction et notes entre crochets Alain Marshal

« Je pense qu’il y a un malentendu ici. Le problème n’est pas les candidats. Ce n’est pas Gadi Eisenkot. Ce n’est pas Benjamin Netanyahou. Le problème, selon moi, c’est l’électorat. C’est la population juive israélienne. […] Je vous donne juste un exemple : entre mars et mai 2025, Israël a refusé qu’aucune marchandise entre à Gaza. Vous avez commenté ce fait. Et puis, en juillet 2025, un sondage a été réalisé auprès de Juifs israéliens. Et on leur a posé la question : le fait qu’il y ait des rapports de famine à Gaza vous préoccupe-t-il ? 80 % des Israéliens ont dit que cela ne les préoccupait pas du tout ou que cela les préoccupait peu. La population de Gaza est pour moitié composée d’enfants. Et ils ont dit que les rapports de famine ne les préoccupent pas du tout, c’était 50 % des Israéliens, ou un peu, c’était 30 %. Israël est devenu une nation de tueurs d’enfants. C’est cela, le problème. » Norman Finkelstein, fils de survivants d’Auschwitz et du ghetto de Varsovie, autorité mondiale sur la Palestine

« Nous sommes le seul peuple sur Terre dont la vie, littéralement, existentiellement, est affectée par les élections israéliennes alors que nous n’avons pas notre mot à dire et que nous ne participons même pas à de telles élections, parce que n’importe quel gouvernement en Israël décidera qui vit et qui meurt en Palestine. Et je suis indigné et vraiment découragé de les voir regarder cela de nouveau : les électeurs israéliens ont voté pour le génocide, ont voté pour le nettoyage ethnique, ont voté pour les bombes et ont voté pour leur anéantissement. » Husam Zomlot, ambassadeur de la Palestine au Royaume-Uni

Note : Nous ne traduisons pas les interventions grotesques des deux Jonathan, porte-parole d’Israël, dont le disque victimaire et déshumanisant est bien assez connu. Pour résumer leurs interventions en deux phrases, prononcées par Omar Baddar durant le débat, « Vous êtes le porte-parole d’un gouvernement génocidaire et vous voudriez que je rende mon propre peuple responsable du génocide que votre gouvernement lui fait subir. Je n’ai aucune exigence à adresser aux Palestiniens, dont la priorité absolue est de lutter contre l’occupation. » Nous précisions que nous n’avons que du mépris pour le propagandiste Piers Morgan, qui s’est lui aussi fait le porte-parole des génocidaires durant de longs mois suivant le 7 octobre 2023, et qui prétend se refaire une virginité en invitant des intervenants de qualité. Latuff l’a magistralement décrit dans la caricature ci-dessous. Nous traduisons la majeure partie des propos de l’ambassadeur palestinien en fin de débat parce qu’ils ne sont pas inintéressants, bien qu’il soit une émanation de l’Autorité palestinienne, les ignobles collabos au service de l’occupant sioniste.

Piers Morgan vu par l’inégalable Latuff (retraduit depuis l’anglais)

[…] Piers Morgan : Norman Finkelstein, pensez-vous que cela importe vraiment de savoir qui l’emporte finalement [entre Netanyahou et Eisenkot] ? Parce que, vous savez, beaucoup de gens disent : « Regardez, Eisenkot n’est pas Netanyahou, mais il n’en est pas loin. » Ils diffèrent sur quelques petites questions, mais, globalement, il serait peu probable qu’il y ait un changement massif de philosophie, quel que soit celui des deux qui l’emporterait au final. Est-ce ainsi que vous voyez les choses ?

Norman Finkelstein : Eh bien, merci pour cette question importante. J’aimerais d’abord commenter brièvement l’intervenant précédent. Je déteste jeter un seau d’eau froide sur sa parade [il avait loué le « caractère démocratique d’Israël, le seul 2 000 kilomètres à la ronde », et jeté la pierre aux Arabes israéliens pour voter en dehors du consensus sioniste], mais il n’y a pas eu d’élection démocratique en Israël, pour un fait très simple et fondamental. Les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza font partie de l’État d’Israël. Israël a annexé ces territoires. En juillet 2024, la Knesset a adopté une résolution : il n’y aura pas d’État palestinien à l’ouest du fleuve Jourdain. M. Netanyahou, lorsqu’il a pris la parole aux Nations unies, a été très catégorique : la Judée et la Samarie font partie de l’État d’Israël. Or cette population représente 30 % de l’électorat potentiel. Je vous pose donc une question, Piers, parce que vous êtes une personne intelligente. Mon éditeur me l’a dit hier soir. Je vous pose une question très simple, non polémique, non rhétorique. Si l’État de New York, la Californie, le Texas et la Floride, si cet électorat, si ces électeurs étaient exclus de la participation [aux élections présidentielles américaines], appelleriez-vous cela une élection démocratique ? Je crois, mais vous parlerez pour vous-même, que vous ne le feriez pas. Alors, comment pouvez-vous qualifier l’élection israélienne de démocratique quand 30 % de sa population, selon le gouvernement israélien, est exclue de la participation ?

Maintenant, à la question que vous avez posée : un deuxième problème pour parler d’élection démocratique est qu’il n’y a essentiellement qu’un seul parti dans l’État d’Israël. Il se compose d’une droite, d’une extrême droite et d’une ultra-droite. M. Eisenkot, avec Netanyahou, a réuni environ 100 des 120 sièges de la Knesset. Or M. Netanyahou est, selon beaucoup, probablement selon un large consensus de chercheurs et d’institutions humanitaires et de l’ONU, un meurtrier génocidaire. C’est un tueur d’enfants. Il vient à l’ONU et brandit un bipeur en se vantant de ce que même l’ancien directeur de la CIA, M. Leon Panetta, a qualifié d’acte de terrorisme. À ce sujet, il n’y a pas de discussion.

Lire Jouets piégés : le « coup de génie » d’Israël que Mediapart n’ose pas mentionner

Alors, passons à Gadi Eizenkot. Eizenkot est surtout connu pour être l’auteur de la doctrine Dahiya. Qu’est-ce que la doctrine Dahiya ? Chacun de vous, auditeurs, connaît le principe le plus élémentaire du droit de la guerre. Tout le monde le connaît. Cela s’appelle le principe de distinction. Qu’est-ce que cela signifie ? C’est juste un terme ronflant pour dire que vous pouvez cibler des combattants et vous pouvez cibler des sites militaires, mais vous ne pouvez pas cibler des civils et des sites civils. En 2006, Gadi Eizenkot a été celui qui a rédigé la doctrine Dahiya, qui consiste à cibler, cibler des sites civils, cibler des civils. Par cet acte d’auteur, il est un criminel de guerre certifiable au regard du principe le plus élémentaire du droit international, le principe de distinction. […]

Piers Morgan : Peter, bienvenue de nouveau sur Uncensored. Je veux diffuser un extrait de Donald Trump réagissant à la nouvelle que Netanyahou avait manifestement fait mieux que les gens ne le pensaient. Regardons.

Donald Trump (extrait) : J’entends qu’il a fait un très bon résultat… vous savez, il a… presque (gagné). Il a fait un très bon score. Quand mon soutien a été exprimé, ça l’a beaucoup aidé. Mais j’ai en fait entendu qu’il avait plutôt bien réussi. Il pourrait gagner. Ou faire match nul. Un match nul est considéré comme une victoire dans ce cas car c’est une grande partie d’échecs.

Piers Morgan : Je veux dire, ils sont quelque peu mariés, n’est-ce pas, Netanyahou et Trump ? Ils sont liés à la hanche à propos de la guerre en Iran. Trump a beaucoup soutenu Netanyahou, particulièrement récemment dans la période précédant l’élection. Il l’a appelé un grand Premier ministre guerrier. Quiconque d’autre, a prévenu Trump, serait le mauvais dirigeant, et ainsi de suite. Dans quelle mesure Donald Trump est-il important, influent dans tout cela, alors que les négociations se déroulent maintenant sur le type de gouvernement qui va être formé ?

Peter Beinart (rédacteur en chef associé du magazine Jewish Currents, sioniste repenti) : Je pense que Trump est bien moins important que les règles du jeu en Israël en général, qui sont, pour reprendre une expression que Trump aime souvent employer, truquées. C’est-à-dire que, parce qu’Israël se définit comme un État juif, ses 20 % de citoyens palestiniens, n’est-ce pas… Comme le disait Norman, la plupart des Palestiniens sous contrôle israélien ne peuvent pas devenir citoyens, donc ils ne peuvent pas voter aux élections israéliennes. Mais les 20 % de citoyens israéliens qui sont palestiniens, eux, peuvent voter, mais ils ne sont pas considérés comme des membres pleinement légitimes parce que c’est un État juif. C’est presque comme si, imaginez, l’Amérique se définissait comme un État blanc et chrétien, et que la plupart des Américains votaient contre Donald Trump, mais que les médias disent alors : « Eh bien, vous savez, un nombre significatif de ces votes contre Donald Trump étaient les votes de Noirs ou d’autres personnes qui ne sont pas chrétiennes, et nous ne sommes donc pas sûrs que ce soient vraiment des personnes légitimes pour entrer dans un gouvernement. » Voilà qui explique la situation dans laquelle se trouve Israël aujourd’hui. Dans une démocratie libérale saine et fonctionnelle, où tous les citoyens seraient traités sur un pied d’égalité, les citoyens palestiniens seraient la base de la coalition anti-Netanyahou, et ils seraient au cœur d’une politique plus progressiste, tout comme les Noirs américains le sont aux États-Unis.

Piers Morgan : Omar, vous faisiez des grimaces en réaction aux premiers commentaires de Jonathan Conricus. Je pense que cela portait sur ce que Norman a abordé, bien sûr, à savoir cette supposition que Jonathan a avancée selon laquelle tout le monde est traité également dans cette élection. Alors, qu’aviez-vous à dire à ce sujet ?

Omar Baddar (journaliste palestino-américain) : C’est complètement absurde, dès le premier regard. Israël est un État d’apartheid, ce qu’ont essentiellement confirmé Amnesty International et Human Rights Watch. Et il n’est pas difficile, en regardant comment Israël fonctionne en pratique, de rejoindre le point de vue de Norman. L’élément le plus critique est que des millions de Palestiniens qui vivent sous contrôle israélien ne participent pas à cette élection. Et si vous voulez contester qu’ils vivent ou non sous Israël, demandez à n’importe quel Palestinien de Cisjordanie, s’il veut voyager n’importe où dans le monde, par qui passe-t-il ? Contrôle-t-il ses propres frontières ? Collecte-t-il ses propres impôts ? Sa vie est complètement contrôlée par Israël. Il doit passer par les contrôles frontaliers israéliens avant de pouvoir aller où que ce soit. Donc, ils sont contrôlés par l’État d’Israël et ils ne participent pas à cette élection. Et quand nous parlons des citoyens palestiniens d’Israël qui, eux, participent, d’ailleurs, il n’y a rien d’insidieux à les appeler Palestiniens. C’est leur identité d’avant même la création d’Israël [le sioniste Jonathan Conricus voulait les caractériser exclusivement d’Arabes israéliens, s’indignant que Piers Morgan les qualifie de Palestiniens]. Ce sont donc des citoyens palestiniens d’Israël. Ils ont déposé un projet de loi à la Knesset pour tenter de définir Israël comme un pays de tous ses citoyens, et la Knesset ne permet même pas qu’il vienne au vote en séance. Voilà le niveau de mépris qu’Israël a pour les citoyens palestiniens d’Israël. Ils ne les considèrent pas comme des égaux et ne les traitent pas comme des égaux. Sans compter que leurs écoles sont sous-financées, qu’ils subissent une incroyable discrimination juridique dans les textes, en matière de logement, dans toute une série de domaines où on leur dit qu’ils ne sont pas égaux.

Et le plus remarquable dans cette période électorale, c’est que vous avez maintenant une situation où le bloc pro-Netanyahou et le bloc anti-Netanyahou sont au coude à coude, et se battent pour savoir qui l’emportera. Et l’un ou l’autre pourrait résoudre cela très facilement en formant simplement une coalition avec les citoyens palestiniens d’Israël, les partis dits arabes. Mais le niveau de mépris qu’ils ont pour eux est tel que les deux ont promis de ne jamais travailler avec eux, ce qui souligne combien ces deux blocs ont en commun, plus qu’ils ne s’opposent. Ils sont tous deux déterminés à ne pas former de coalitions avec les citoyens palestiniens d’Israël. Ils sont tous deux déterminés à maintenir les Palestiniens sous la botte de l’occupation militaire indéfiniment. Pas d’État palestinien, pas d’égalité devant la loi pour tous. Et donc, en fait, ils sont tous unis dans une posture profondément anti-palestinienne. C’est sur cela qu’ils collaborent. Et la différence tient à un niveau d’extrémisme, à un degré d’extrémisme. Eisenkot et son aile préféreraient gérer l’occupation brutale d’une manière un peu meilleure du point de vue des relations publiques. Et des gens comme Netanyahou, avec Ben-Gvir et le reste de l’équipe de fous qu’ils ont, veulent être extrêmement agressifs en poussant le nettoyage ethnique en Cisjordanie dans la lignée de ce qu’ils ont fait à Gaza, et en menant plus agressivement cette guerre insensée qu’ils ont avec l’Iran. Il s’agit donc d’un degré de mal, mais nous devrions être absolument lucides sur le fait que la question centrale, à savoir si les Palestiniens auront la liberté et les droits humains fondamentaux, n’est tout simplement pas un enjeu de cette élection et n’a pas été discutée dans ce discours, et ne changera tout simplement pas, quel que soit le gagnant de cette élection essentiellement bidon. […]

Peter Beinart : Jonathan [Conricus] a parlé du fait que l’Autorité palestinienne ne tient pas d’élections. Je pense qu’il a tout à fait raison. J’ai de fait écrit une tribune dans le New York Times il y a quelques semaines à peine, arguant que les États-Unis devraient pousser à des élections à la fois en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. Mais la raison pour laquelle ces élections n’ont pas lieu n’est pas seulement que Mahmoud Abbas est un autoritaire corrompu, c’est qu’Israël ne veut pas permettre aux Palestiniens de tenir des élections libres. En fait, les États-Unis non plus, parce qu’ils craignent que les Palestiniens choisissent des dirigeants qu’Israël et les États-Unis ne peuvent pas contrôler [Note : en 2006, le blocus a été imposé à Gaza justement pour punir les Palestiniens d’avoir voté pour le Hamas ; et l’Occident civilisé ne cesse de parler de la nécéssité de l’écarter du pouvoir plutôt que de celle de tenir des élections libres et démocratiques, car il sait que sa victoire serait garantie]. Donc, si nous voulons que les Palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est aient le droit de voter, cela signifie leur permettre le droit de voter et de choisir leurs dirigeants, n’est-ce pas ? Et en fait, les politiques d’Israël et de l’Amérique ont fait exactement l’inverse.

Piers Morgan : […] Norman, que voudriez-vous répondre à ce que disait Jonathan ?

Norman Finkelstein : Eh bien, tout d’abord, il y aura un point d’accord ici. Je suis d’accord avec Jonathan sur le fait que ma prononciation de l’arabe est épouvantable, et bien que j’aie écrit plusieurs livres sur Gaza, je n’ai jamais pu prononcer Gaza correctement. J’essaie, mais je n’ai tout simplement pas d’oreille pour les langues. Je suis un lecteur. Je ne suis pas excellent dans les compétences orales.

Omar Baddar : Et pour précision, Jonathan ne peut pas prononcer Dahiya non plus en arabe. [Note : deux lettres du mot Dahiya, le ض et le ح, n’existent tout simplement pas dans l’alphabet anglais]

Jonathan Conricus : Je peux prononcer « Dahiya », et je peux dire « Hamas », et je peux prononcer « Hezbollah »…

Omar Baddar : D’accord. Vous ne le prononcez clairement pas correctement. Désolé. Oui, c’est sans intérêt [Note : les alphabets arabe et hébreu ne correspondent pas sur ces deux lettres].

Piers Morgan : Je peux prononcer le mot « pédant ». Alors, pouvons-nous revenir au tableau d’ensemble, s’il vous plaît, messieurs ?

Jonathan Conricus : Oui, et je peux prononcer « fanatiques et haineux d’Israël ». Je peux prononcer beaucoup de choses. Cela ne fait aucun…

Norman Finkelstein : Est-ce une manœuvre d’obstruction [prendre la parole à tort et à travers pour empêcher les arguments de fond d’être exprimés] ? D’accord, merci.

Donc, Jonathan dit que je dénature la doctrine Dahiya [Note : le sionard prétendait qu’elle ne consiste pas à cibler les civils, mais « les terroristes qui se cachent derrière des boucliers humains »]. Les gens peuvent la consulter sur Wikipédia ou n’importe quel autre endroit et découvrir qui parle correctement pour savoir si la doctrine Dahiya était spécifiquement le ciblage de quartiers civils à Beyrouth, qui a été étendue aux quartiers civils en général. Alors, M. Cornicus, Jonathan, il dit qu’Israël ne cible les civils que quand ils sont utilisés comme boucliers humains. Donc, à titre d’information pour vos auditeurs, regardons le nouveau rapport de l’ONU sur Gaza. Le nouveau rapport de l’ONU déclare qu’Israël, permettez-moi de citer, qu’ « Israël continue de commettre un génocide à Gaza ». Maintenant, M. Cornicus, avec sa maîtrise de nombreuses langues, sait sûrement que l’essence d’un génocide est de ne pas cibler des combattants. De ne pas cibler des sites militaires. L’essence d’un génocide est de cibler des civils. Le rapport poursuit en disant, je cite, « « Les enfants palestiniens sont délibérément ciblés pour des motifs discriminatoires ». C’est-à-dire qu’ils ciblent les enfants délibérément parce que ce sont des enfants.

Lire « Le mal à l’état pur » : pour Israël, même les enfants sont des « terroristes », L’aspect le plus horrible du génocide : Israël a tué 2 100 bébés à Gaza et Les bébés de Gaza qui n’ont jamais célébré leur premier anniversaire

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, 1 400 Palestiniens ont été tués à Gaza. Or, Piers, c’est plus de Palestiniens tués à Gaza depuis le cessez-le-feu qu’il n’y a eu d’Israéliens tués le 7 octobre. Donc, si c’est un cessez-le-feu, alors ce qui s’est passé le 7 octobre était un super cessez-le-feu. Sur ces 1 400 Gazaouis tués, 300, 300, 300 étaient des enfants. 36 enfants israéliens ont été tués le 7 octobre. Près de 10 fois plus d’enfants palestiniens ont été tués pendant le cessez-le-feu. Mais M. Conricus est très catégorique, très insistant sur le fait qu’Israël ne ciblerait jamais de civils, sauf si le Hamas les utilise comme boucliers humains. […]

Piers Morgan : Omar, ça va être à votre tour de prendre la parole. Je veux juste signaler que Polymarket a posé la question dans les marchés de prédiction : qui sera le prochain Premier ministre d’Israël ? Beaucoup de mouvement, comme on pouvait s’y attendre, ces dernières 24 heures. Netanyahou a bondi en tête, à 47 %. Hier, il était seulement à 27 %. Eisenkot est maintenant à 33 %. Hier, il culminait à 56 %. Un autre favori, Naftali Bennett, est actuellement à 4 %. Il a perdu environ 10 points ces derniers jours, et il y a 75 millions de dollars sur ce marché. Donc, vous savez, les marchés de prédiction sont souvent dans le vrai, je dirais, Omar, et ils indiquent définitivement, semble-t-il, que l’argent prédictif va vers le maintien de Netanyahou au pouvoir. Maintenant, vous savez, nous pouvons revenir sur l’histoire de diverses choses, mais en réalité, en ce moment, il y a une élection en direct, qui va avoir des conséquences énormes, et je ne pense pas que nous devions trop nous en éloigner. Si je vous donnais un ensemble de circonstances, nonobstant votre point de vue général sur tout cela, que si vous vous retrouviez sans Smotrich et Ben-Gvir et leurs partis dans un gouvernement, considéreriez-vous que ce serait un meilleur scénario que celui que nous avons actuellement ?

Omar Baddar : Je répondrais à votre question, Piers, en soulignant le fait que la seule différence entre des gens comme Smotrich et Ben-Gvir et quelqu’un comme Netanyahou est qu’ils sont explicites sur les objectifs, alors que lui préférerait les garder cachés, sous le tapis. C’est la différence principale. La politique de Netanyahou est une politique de nettoyage ethnique, de génocide, de dépeuplement de Gaza, de volonté de poursuivre une posture plus agressive en Cisjordanie pour y faire quelque chose de similaire, mais il veut mettre le voile de la sécurité par-dessus. Alors que Smotrich et Ben-Gvir en parlent ouvertement comme d’un projet de nettoyage ethnique visant à se débarrasser de la population palestinienne là-bas. C’est une différence cosmétique, donc je ne pense pas que cela serait particulièrement déterminant, sauf peut-être pour de meilleures relations publiques d’Israël dans sa campagne de nettoyage ethnique et de génocide s’ils n’étaient pas là.

Mais, pour répondre vraiment, je pense qu’il est très, très important d’aborder ce que Jonathan vient de dire sur le meurtre d’enfants, et il y insère du doute, vous savez, combien de ces enfants sont des combattants du Hamas, et qui compte, et ainsi de suite. Des dizaines de médecins occidentaux, y compris des médecins juifs américains, sont allés à Gaza et ont dit qu’il y a un schéma de ciblage de tout-petits palestiniens, de deux, trois et quatre ans, par des balles de snipers. Or Jonathan est si attaché à ce récit selon lequel Israël ne cible que des terroristes qu’ils voudraient à ce stade vous faire croire que des enfants d’un ou deux ans abattus d’une balle dans la tête par des snipers israéliens doivent être des membres du Hamas ou quelque chose du genre. C’est complètement ridicule. On ne peut tout simplement pas douter du fait que quiconque regarde les preuves, les preuves accablantes en matière de séquences vidéo, de témoignages, de rapports et de tout le reste, qu’Israël mène une guerre contre la population civile.

Lire A Gaza, « un nombre incroyable d’enfants abattus d’une balle dans la tête », Au-delà de l’horreur : deux chirurgiens témoignent des atrocités israéliennes à Gaza et L’armée la plus immorale du monde : à Gaza, un permis de tuer sans limites 

Et puis il dit à quel point il est préoccupé de voir les Palestiniens voter dans une démocratie palestinienne. Eh bien, la dernière fois que les Palestiniens des territoires occupés ont voté, le mauvais parti a gagné [le Hamas] et Israël a répondu en plaçant la population palestinienne sous un siège suffocant où ils ont été punis collectivement, les denrées de base n’étant pas autorisées à entrer à Gaza parce qu’ils avaient mal voté. Et vous avez Chuck Schumer, le chef des démocrates ici aux États-Unis, qui s’est exprimé en disant explicitement que le but de ce siège était d’apprendre aux Palestiniens une leçon, de leur rendre la vie difficile afin qu’ils apprennent à voter correctement la prochaine fois. Voilà le point de vue sur les Palestiniens et la démocratie, et vous n’appliqueriez jamais ce critère aux Israéliens quand ils portent au pouvoir des fous comme Netanyahou et Smotrich et le reste d’entre eux. Personne ne dit qu’il est temps d’affamer les Israéliens, de les punir et d’arrêter de laisser entrer la nourriture pour qu’ils votent bien la prochaine fois. Nous respectons le principe de démocratie d’une façon que nous n’avons jamais respectée avec les Palestiniens. Et Mahmoud Abbas, au bout du compte, est un concierge qui gère essentiellement cette occupation en Cisjordanie. Il ne contrôle rien. Les Palestiniens de cette Cisjordanie, toujours sur le point que Jonathan vient de passer complètement sous silence, quand il parle d’annexion, qui n’a jamais eu lieu. Oui, sur le papier, elle n’a jamais eu lieu, mais de facto c’est une réalité sur le terrain. Israël est aux commandes en Cisjordanie. Les Palestiniens qui se déplacent d’un endroit à un autre à l’intérieur de la Cisjordanie doivent passer par des postes de contrôle israéliens. Les Palestiniens qui essaient de quitter ou d’entrer en Cisjordanie doivent passer par les contrôles frontaliers israéliens. Israël contrôle ce territoire, et toute prétention selon laquelle les Palestiniens ne vivent pas sous contrôle israélien est une fiction complète et totale, conçue pour fabriquer, encore une fois, de la pure communication pour un gouvernement d’apartheid et prétendre qu’il est plus démocratique qu’il ne l’est réellement. […]

Piers Morgan : Norman, vous avez le dernier mot.

Norman Finkelstein : Oui, merci beaucoup. Je pense qu’il y a un malentendu ici. Le problème n’est pas les candidats. Ce n’est pas Gadi Eisenkot. Ce n’est pas Benjamin Netanyahou. Le problème, selon moi, c’est l’électorat. C’est la population juive israélienne. Permettez-moi de faire une comparaison très simple. Lors de la dernière élection présidentielle aux États-Unis, entre Kamala Harris et Donald Trump, il est largement rapporté qu’un facteur significatif, et peut-être le plus significatif, dans la défaite de Kamala Harris a été qu’elle a suivi Joe Biden sur le génocide de Gaza. La comparaison est très frappante. Alors que le génocide de Gaza a joué un rôle clé, et peut-être le rôle clé, dans la défaite de Kamala Harris et la victoire de Donald Trump, le génocide de Gaza ne joue aucun rôle dans les élections israéliennes. Ce n’est même pas un spectacle annexe. Il ne vient jamais sur la table, parce que le problème essentiel, tel que je le vois, c’est… Je vous donne juste un exemple. Piers, vous vous en souvenez, parce que vous en avez parlé : entre mars et mai 2025, Israël a refusé qu’aucune marchandise entre à Gaza. Vous avez commenté ce fait. Et puis, en juillet 2025, un sondage a été réalisé auprès de Juifs israéliens. Et on leur a posé la question : le fait qu’il y ait des rapports de famine à Gaza vous préoccupe-t-il ? 80 % des Israéliens ont dit que cela ne les préoccupait pas du tout ou que cela les préoccupait peu. La population de Gaza est pour moitié composée d’enfants. Et ils ont dit que les rapports de famine ne les préoccupent pas du tout, c’était 50 % des Israéliens, ou un peu, c’était 30 %. Israël est devenu une nation de tueurs d’enfants. C’est cela, le problème.

Piers Morgan : D’accord. Eh bien, nous pouvons maintenant clore le débat là. Je vous remercie tous de m’avoir rejoint. Merci infiniment. Je suis maintenant rejoint par l’ambassadeur palestinien au Royaume-Uni, le Dr Husam Zomlot. Zomlot, bienvenue de nouveau sur Uncensored. Quelle est votre réaction à ce qui se passe avec ces élections en Israël ?

Husam Zomlot : Eh bien, Piers, merci de m’accueillir de nouveau. Je dois d’abord partager avec vous mon indignation pour nos enfants à Gaza aujourd’hui et la nuit dernière et pour nos familles en Cisjordanie. Tous ont été collés à leurs écrans de télévision pour suivre le résultat des élections israéliennes, parce que nous sommes le seul peuple sur Terre dont la vie, littéralement, existentiellement, est affectée par les élections israéliennes alors que nous n’avons pas notre mot à dire et que nous ne participons même pas à de telles élections, parce que n’importe quel gouvernement en Israël décidera qui vit et qui meurt en Palestine. Et je suis indigné et vraiment découragé de les voir regarder cela de nouveau : les électeurs israéliens ont voté pour le génocide, ont voté pour le nettoyage ethnique, ont voté pour les bombes et ont voté pour leur anéantissement. Et c’est donc un jour triste, vraiment un jour très triste pour nous tous, et nous devons penser et repenser à tout ce dont nous avons discuté, vous et moi, Piers, toutes ces années. Je veux dire, sérieusement, un changement peut-il venir d’Israël aujourd’hui ? Aucun changement n’est venu d’Israël. Aucun espoir n’est venu d’Israël. Aujourd’hui, c’était une confirmation, une confirmation que ce n’est pas une question de Netanyahou, de Ben-Gvir ou de Smotrich. Ces Netanyahou, Smotrich, Ben-Gvir ne sont pas la cause, ils sont le résultat d’une masse critique en Israël qui croit au Netanyahouisme, croit au jeu à somme nulle, ne conçoit avenir pour nous, croit au pouvoir des armes pour s’ouvrir à coup de bombes un chemin vers la sécurité, pour bombarder non seulement les Palestiniens, bombarder le Liban, la Syrie, toute la région. C’est très préoccupant, et cela nous amène au point clé : la paix doit être imposée, mon ami. Elle doit être imposée par la communauté internationale. [Note : ce ne sont que des illusions, et nous ne traduisons pas la suite, dans la même veine, rendant hommage à l’idée de sanctions britanniques contre l’occupation, alors que Londres a été un des premiers complices du génocide et reste le premier complice de l’agression contre l’Iran ; seule la force armée de l’Axe de la Résistance permettra de libérer la Palestine]

Piers Morgan : […] Ne pensez-vous pas qu’il soit significatif que les Arabes israéliens, ou Palestiniens de nationalité israélienne, puissent détenir l’équilibre du pouvoir ici ? Et je vous soumets, par exemple, que cela pourrait être soit Netanyahou, soit Eisenkot, qui concluent un accord avec les partis du bloc arabe. Et, en conséquence, Ben-Gvir et Smotrich, qui sont pour moi les pires membres de ce gouvernement actuel, perdraient tout pouvoir, ce qui serait une amélioration de la situation actuelle [Note : Encore une fois, Piers Morgan révèle son vrai visage en considérant Netanyahou comme un « gentil »]. Ne voyez-vous là rien qui vous soit encourageant ?

Husam Zomlot : Si, je le vois. Et je vois que c’était le principal espoir de l’élection d’hier. Les citoyens palestiniens d’Israël, c’est ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes. Peu importe comment je les appelle ou comment vous les appelez. Ils font partie intégrante du peuple palestinien. Il se trouve simplement qu’ils sont restés sur leur terre, dans leurs maisons, lors des événements de la Nakba [en 1948]. Ils sont donc la cause originelle réelle des Palestiniens. Ce sont les Palestiniens les plus purs que vous puissiez avoir. Et le fait qu’ils aient voté à un niveau aussi élevé hier vous dit à quel point la menace contre eux est existentielle. Ils ont vraiment senti que c’était leur existence qui était menacée depuis tant d’années, notamment par Netanyahou, Ben-Gvir et Smotrich. Et leur mobilisation visait à renvoyer Netanyahou, Ben-Gvir et Smotrich chez eux, d’une part. D’autre part, ce sont les seuls partis en Israël qui appellent encore à mettre fin à l’occupation israélienne, appellent encore à l’égalité. Aucun des autres partis sionistes israéliens ne le demande. Et le problème est avec l’opposition, pas seulement avec le bloc Netanyahou. Tous les partis de l’opposition, sauf un, ont dit qu’ils ne traiteront pas avec les partis politiques palestiniens à l’intérieur d’Israël. Ils ne formeront pas de gouvernement avec eux. Le racisme apparaît. Le suprématisme, ce sentiment de droit divin et d’élection divine parmi les partis sionistes israéliens est tout simplement sans précédent.

Oui, c’est une bonne nouvelle qu’ils aient obtenu presque 19 sièges, d’après ce que j’ai suivi ces dernières minutes. C’est historique à tous égards, et cela leur permettra de se protéger, de faire avancer leurs intérêts, de combattre la criminalité qui se répand, s’envenime dans leurs villes et villages, fauchant la vie de beaucoup, des centaines de leurs enfants, de leur peuple, partout à l’intérieur d’Israël, sans, en fait, sans aucune intervention de l’État israélien. En fait, dans certaines occasions, comme avec Ben-Gvir qui promeut et encourage ces attaques criminelles contre notre peuple. C’est donc une occasion pour eux de le faire, et si les autres partis politiques israéliens trouvent un moyen de s’associer à eux sur la base de la fin de l’occupation israélienne, sur la base de la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien, sur la base du respect du droit international et de l’établissement de relations de voisinage, ce sera une raison d’espérer. Mais je regrette de vous dire qu’il ne semble pas que ce sera le cas [Note : Israël ne peut, moralement et logiquement, finir que par un démantèlement complet de l’entité coloniale, sur le modèle de l’Algérie française].

Piers Morgan : Dernière question. Les élections palestiniennes ont été reportées de nouveau, selon le président Abbas, à septembre 2027. Ils ont mis le report sur le compte de la situation sécuritaire d’Israël dans les territoires palestiniens. Mais le fait demeure que les Palestiniens n’ont pas eu d’élections législatives ou présidentielles depuis 20 ans, depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza [en remportant] les dernières. Vous savez, Mahmoud Abbas est là, interminablement, il me semble. Les Israéliens pointent ce qu’ils font et disent : « Eh bien, au moins nous avons des élections. Au moins nous avons une démocratie. » Vous savez, pourquoi les Palestiniens de leur côté n’ont-ils pas d’élections et les reportent-ils constamment ? Il y a eu 10 élections à la Knesset depuis la dernière élection palestinienne.

Husam Zomlot : Eh bien, vous avez absolument raison, et nous devons avoir des élections. Et les élections sont plus que dues, et c’est absolument le droit du peuple palestinien et l’exigence du peuple palestinien d’avoir des élections pour choisir ses dirigeants et de s’engager dans le renouvellement du processus démocratique. Absolument. Et si nous, Palestiniens, sommes fiers de quoi que ce soit, c’est de cela. C’est de notre capacité, au fil des ans et des décennies, à tenir des élections libres et nationales. Mais la situation est très difficile. Lorsque les élections ont été annoncées pour se tenir le mois prochain, en novembre, l’hypothèse était que le plan Trump serait, vous savez, serait mis en œuvre. Que Gaza aurait une sorte de mécanismes de gouvernance. Vous auriez une police. Vous auriez des institutions capables, y compris le comité technocratique palestinien, de superviser les élections sous la supervision générale de la Commission électorale centrale palestinienne. Cela ne s’est pas concrétisé. Et devinez qui a refusé le plan Trump et la véritable phase deux de cette annonce de cessez-le-feu ? C’était Netanyahou. Alors, comment convoquer des élections pendant un génocide ? Je veux dire, les élections sont un outil pour que le peuple rende son verdict. Alors vous faites cela sous les bombes israéliennes. Et la situation en Cisjordanie, et je l’ai suivie, Piers, vous la suivez aussi : la propagation du terrorisme, du terrorisme des colons juifs israéliens partout. Il est déchaîné.

Piers Morgan : Oui, c’est terrible.

Husam Zomlot : C’est horrible. Et je vous ai entendu dire qu’il s’agit de terrorisme pur et simple. Donc, proposer des élections à un peuple qui est terrorisé quotidiennement, c’est passer à côté du sujet.

Et cela m’amène à toute l’affaire. Nous devons convoquer des élections, et je pense que des élections seront convoquées l’année qui vient. Et nous devons tous travailler ensemble, Piers, pour nous assurer que le peuple palestinien rende son verdict et choisisse ses dirigeants. Cependant, vous savez, toute cette idée d’une réforme imposée de l’extérieur à un peuple sous occupation, une nation occupée, est vraiment un tour de passe-passe. C’est un tour. C’est une tactique pour retarder l’inévitable. C’est une tactique pour toujours blâmer les Palestiniens d’être occupés, les blâmer d’être génocidés, d’être ethniquement nettoyés, et ils déplaceraient les poteaux de but tout le temps. C’est presque comme un puits sans fond, un puits sans fond, un puits sans fond. Peu importe ce que vous faites, ils inventeront une nouvelle liste de souhaits, parce que ce n’est pas vraiment sincère. Ce n’est pas conçu pour atteindre réellement le résultat d’une solution à deux États. C’est conçu pour la bloquer. Ils vous diront que les Palestiniens ont de mauvais dirigeants. Ils vous diront que les Palestiniens ont élu, même si nous convoquons des élections, de mauvais dirigeants, et ainsi de suite. Réformer, tout gouvernement sur Terre a besoin de réformes, et la réforme doit être un processus continu. Et devinez quel gouvernement a désespérément besoin de réformes en ce moment précis ? C’est le gouvernement d’Israël. C’est là que la communauté internationale doit se concentrer avec nous pour réformer cette mentalité suprématiste et raciste, pour réformer cette mentalité criminelle, pour réformer cette mentalité selon laquelle ils peuvent vivre éternellement en subjuguant tout un peuple, et pas seulement le peuple de Palestine, tous les peuples de la région. Nous avons besoin de réforme là-bas. Cependant, nous devons poursuivre, continuer notre chemin, et nous assurer que notre droit à l’autodétermination, notre droit à établir notre propre État indépendant, ne soit lié ou conditionné à rien. C’est un droit inaliénable. C’est un droit de naissance, et nous ne devons pas accepter l’argument selon lequel les Palestiniens doivent se comporter d’une certaine manière pour que nous soyons libres. Notre liberté vient sans aucune précondition, Piers.

Piers Morgan : Ambassadeur Zomlot, toujours un plaisir de vous avoir dans Uncensored. Merci beaucoup.

Husam Zomlot : Merci.


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